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La série Iron Fist, les critiques ont tort (spoilers).

Quand des journalistes conseillent au public de ne pas regarder une série… qu’ils ont mal ou peu regardée.

 

Iron Fist

Iron Fist (mars 2017)



Des critiques avant la série.

Un acteur Blanc pour jouer un héros Blanc qui fait du kung-fu a choqué du public. Pourquoi ? Certains expliquèrent qu’il faut, pour la diversité, un personnage asiatique pour jouer un expert en arts martiaux, ce qui est très cliché au final… David Douillet, Teddy Rinner, Jean Claude Van Damme… ça parle à quelqu’un ?

En 1974, pour créer Iron Fist, Roy Thomas s’inspira de Bruce Lee (1940-1973).
Né aux États-Unis, Bruce Lee passa une part de son enfance à Hong-Kong dans les années 1940. Dans le contexte de la guerre entre Chine et Japon, Bruce Lee n’était pas aimé par les Japonais car son père était Chinois, et il n’était pas aimé par des Chinois car il avait des origines allemandes par sa mère, et l’Allemagne était alliée du Japon.
Il s’installa aux États-Unis où il devint professeur d’arts martiaux pour des gens de différents horizons.
Dans les années 1960, aux États-Unis, Bruce Lee fut en couple avec Linda Emery, une Étasunienne Blanche. Ils se marièrent en 1964 en Californie, seul État autorisant les mariages mixtes à l’époque.
Le débat autour d’Iron Fist rejoint un peu l’histoire de Bruce Lee qui a cassé les barrières sociétales et culturelles.

Venons à la critique de la série : Critiquer une série, oui, utiliser de faux arguments pour le faire, non.
Mais c’est ce qu’ont fait les journalistes du Point, du Figaro, de LCI, du Huffington Post, de L’Obs, du Monde, de Télérama. Les sources sont données avec les citations et les liens au long de l’article et à la fin.

Un héros non torturé ?

La grosse critique qui est faite est que la série aurait un héros non torturé comparé aux héros des trois séries précédentes : Daredevil, Jessica Jones et Luke Cage.

La journaliste du Point a vu 6 épisodes, dans son article on peut lire que :
« Contrairement aux autres membres des Defenders, héros torturés, ténébreux et équivoques, Iron Fist est, lui, plutôt enfantin, optimiste et d’une extrême droiture. »

Dans un autre article de la même journaliste du Point, on lit que :
« Mais, contrairement à ses aînés torturés et ténébreux, Danny est plutôt du genre naïf, trop optimiste et léger. Après Daredevil et Jessica Jones, deux héros sombres, profonds et complexes, applaudis par la critique, Iron Fist est apparu bien fade aux yeux de la presse anglo-saxonne, qui a descendu en flammes la série. »

La journaliste du Figaro a vu 2 épisodes, et dans l’article on lit :
« Avec son insouciance, l’Iron Fist pourrait être un contrepoint comique bienvenu à ses confrères, plus tourmentés et âpres. »

Même son de cloche chez LCI, avec un journaliste qui explique dans son article que :
« La candeur de Danny Rand est plutôt rafraîchissante et change des héros torturés qui l’ont précédé »

Il n’y a pas de contrepoint comique avec Iron Fist. Danny Rand est un héros torturé physiquement et moralement.
Danny perdit ses parents dans l’accident d’avion, il est rescapé. Il fut frappé par des moines pour le rendre plus fort, il en garde des cicatrices, il en parle dans l’épisode 4. Il fut drogué à l’hôpital psychiatrique à son retour à New-York (ép. 2).
Dans les dix premières minutes du premier épisode, il a un flash sur l’accident d’avion et la mort de ses parents, et encore à la fin de l’épisode, puis souvent dans la saison, il est hanté par ce moment, et par la vengeance. Il pleure la mort de ses parents la nuit (dit dans l’épisode 6).

Pour marquer la différence entre héros torturé et héros non torturé, la journaliste du Figaro compare avec Daredevil et Arrow :
« Daredevil évoquait le conflit entre religion et la soif de justice de Matt Murdoch qui s’affranchissait volontiers de la loi. »
Daredevil ne connaît pas de conflit entre sa religion catholique et sa soif de justice, dans un épisode il dit qu’en tant que catholique et avocat ce n’est pas à lui de décider qui doit mourir.

« Sur une intrigue quasi-similaire, Arrow et son héros Oliver Queen avaient au moins un petit côté noir et torturé qui épiçait le tout. »
L’auteure fait bien de dire «quasi-similaire» car Arrow et Iron Fist n’ont rien à voir du tout.

« Une série plus légère » (Télérama) ?

Le Monde, L’Obs, Le Huffington Post et Télérama s’associent (ces journaux ont un patron en commun) dans une rubrique nommée « Têtes de séries » pour donner un avis sur une série dans une vidéo.

Dans la vidéo de « Têtes de séries« , le journaliste du Huffington Post explique que Iron Fist est « moins axé sur la violence » au moment où la vidéo passe un extrait où des moines frappent Danny enfant avec des bâtons.

L’auteure de l’article du Point explique que :
« Les soucis de Danny Rand se résument à la reprise de ses droits sur l’entreprise familiale et à la conquête du cœur de la redoutable mais séduisante Colleen. Il y a bien une petite intrigue de trafic de drogue, un soupçon de corruption et de mafia, mais, au fond, Iron Fist n’a que des problèmes de riche. Et c’est bien cela qui lui est reproché. »

La journaliste de L’Obs a vu les « premiers épisodes » (6 ? grâce au passe-presse ?), dans son article, elle dit que :
« Danny Rand, alias Iron Fist, l’homme au poing de fer (incarné par Finn Jones, qui jouait Loras dans « Game of thrones »), vient récupérer son dû (une florissante entreprise familiale), quinze ans après avoir disparu dans un accident d’avion. »

Pour l’auteure du Figaro :
« Il [Danny] n’a qu’une idée en tête: reprendre les rênes de la multinationale familiale administrée par ses amis d’enfance. »

Danny veut des réponses à ses questions sur la mort de ses parents. Et réapparaître aux yeux du public, montrer qu’il est toujours vivant. Il se fiche de l’argent. Ses missions sont : protéger K’Un-Lun, détruire la Main qui la menace et qui parasite son entreprise et New-York. Reprendre les rênes de Rand n’est pas sa priorité, même s’il le fera plus ou moins.

Pas de sous-texte social ?

La journaliste du Huffington Post a vu six épisodes, dans son article, elle dit que :

« Le problème qui saute aux yeux avec « Iron Fist », c’est qu’il n’y en a pas. Chacune des adaptations précédentes de Marvel sur Netflix mettait en avant un conflit intérieur, social, un traumatisme. Matt Murdock s’interrogeait sur le bien fondé de devenir Daredevil alors que ses convictions religieuses s’y opposait, « Jessica Jones » mettait en scène la puissance des séquelles des violences faites aux femmes, Carl Lucas alias Luke Cage nous plongeait à pieds joints au sein d’une communauté noire. Mais chez Iron Fist? Rien.
On se demande bien quel est le message de fond ou l’originalité quand on se retrouve à regarder des gens riches, beau et blancs qui arpentent en costumes les bureaux de leur gratte-ciel ou les étages de leur appartement au cœur de Manhattan, sans se poser aucune question existentielle.
Même après avoir visionné six des treize heures de la saison 1, pas l’ombre de tout cela. »

Pour les journalistes de « Têtes de séries », il n’y a pas de sous-texte social :

« Le néant total. » pour le journaliste du Huffington Post, « C’est une série qui n’a pas grand-chose à dire. » pour le journaliste de Télérama, « Rien ni dans l’image, ni dans le propos ne réveille de chez nous le moindre intérêt. » pour la journaliste de L’Obs.

Sans être du Bourdieu, il y a une vision sur la société de classes, et les inégalités.
Le quartier où il y Rand Entreprise est riche, avec du marbre, des lieux clairs, des hautes tours d’affaires, des vigiles… des gens qui dépensent des milliers, voire des millions de dollars pour arriver à leurs buts, parfois malhonnêtes, et en gagner encore plus…
Cet endroit est en opposition avec les quartiers difficiles des autres séries (Hell’s Kitchen dans Daredevil, Harlem dans Luke Cage), et aussi avec le quartier du dojo de Colleen Wing qui aide les jeunes en difficultés sociales et familiales. Mais au final ces quartiers difficiles ont une plus grande chaleur humaine, plus de cohésion.

Il n’y a pas besoin de grosses flèches lumineuses pour remarquer les différences sociales entre les Meachum et Daryll qui espère une bourse d’étude pour aider sa mère et ses frères (ép 3).

Il y a le clochard Big Al qui vit et meurt aux pieds des immeubles d’affaires, loin du regard des passants. Danny prie pour lui, car il lui a tendu la main à son arrivée à New-York (ép. 1).

Une fois que Danny récupère ses 51% de droits sur Rand Entreprise, il agit :
Des médicaments sont vendus à 5 dollars au lieu de 50 comme le voulait le conseil de l’entreprise (ép. 4).
Il ferme une usine polluante, mais les employés gardent leurs salaires (ép. 5 à 7). Il rend la mutuelle dentaire pour les secrétaires de l’entreprise Rand (ép. 7).

Les personnages riches ne font pas qu’errer dans les tours : Joy Meachum se pose des questions sur les problèmes de santé du voisinage de l’usine polluante, Ward a des problèmes relationnels avec son père qui ne l’a jamais aimé.

Bakuto et la Main recrutent des jeunes en difficultés pour affronter les grandes entreprises qui, selon lui, contrôlent le monde au détriment des gouvernements et des peuples. Et au final c’est un être corrompu qui veut voler l’argent des entreprises. C’est le discours de chefs politiques et/ou religieux qui promet des jours meilleurs en profitant de la fragilité des gens. Une approche très en lien avec le contexte actuel.
Dans les séries Marvel/Netflix, les méchants sont en costume cravate, Iron Fist reste dans cette ligne avec Harold et Ward Meachum.

Iron Fist c’est aussi la rencontre de deux mondes : l’Orient et les moines et l’Occident et le monde des affaires.
Un enfant échoue dans les montagnes asiatiques et est recueilli par les moines de K’Un-Lun sans qu’ils sachent qui il est. Près de Rand Entreprise, les gens ne s’occupent pas des clochards aux pieds des immeubles.
On notera aussi quelques petites passages sur les modes de vie :
Danny fait la grimace en buvant un café offert par son avocate (ép. 3). Davos et Claire parlent de la médecine asiatique. Davos dit que la nourriture industrielle est un poison pour le corps.

On peut aimer ou ne pas aimer des éléments de cette première saison. Lui reprocher des défauts, des absences. Mais elle ne mérite pas les critiques exposées car elles sont fausses.
Comment juger et faire un article sur une saison en ne regardant que 2 épisodes sur 13 ? Comment donner un avis au public en donnant de fausses informations ?

«La grenouille qui vit dans le puits ne connaît rien de l’océan.» Proverbe japonais.

Sources :
http://www.lepoint.fr/pop-culture/series/pourquoi-la-critique-deteste-iron-fist-et-n-a-pas-entierement-raison-15-03-2017-2111908_2957.php
http://www.lepoint.fr/pop-culture/series/il-faut-sauver-le-soldat-iron-fist-14-03-2017-2111659_2957.php
http://tvmag.lefigaro.fr/programme-tv/pourquoi-iron-fist-est-le-maillon-faible-des-superheros-made-in-netflix-_e53c14ae-0afa-11e7-8897-8221c9c5d59f/
http://www.lci.fr/tele/programme-tv-iron-fist-debarque-sur-netflix-le-premier-rate-de-la-collaboration-avec-marvel-finn-jones-2029187.html
https://www.youtube.com/watch?v=nuIPIRSicp4
www.huffingtonpost.fr/2017/03/16/on-a-vu-iron-fist-de-netflix-et-cest-un-sublime-iron-flop_a_21879665/
http://teleobs.nouvelobs.com/video/20170316.OBS6706/video-tetes-de-series-iron-fist-super-rate.html

 

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